La troupe


Romain

 « non moi je reste là, je regarde »
Être étrange. Lunaire et la tête dans les nuages. Son faciès aux origines potentielles multiples et inconnues permet à la troupe de se dédouaner en cas de blague litigieuse d’un goût douteux : « ah non mais nous on n’est pas raciste, on a Romain dans notre troupe ». Quand il est perdu dans ses pensées, il est souvent difficile de savoir si Romain est en train d’imaginer un pays merveilleux où tout leurs habitants passeraient leur temps à se faire des câlins et à jouer à la pétanque entre ami.e.s, ou s’il réfléchit à la meilleure façon d’égorger un chat en lui infligeant le maximum de souffrances possible. Quand une impro tourne mal, c’est lui que l’on envoi pour se servir de son sens de la réparti ubuesque qui décale l’improvisation vers des contrées imprévues.


Benjamin

« Surtout ne change rien, reste toi même » 
Rêve secrètement de s’émanciper de l’aura glorieuse de sa mère. Espère qu’un jour les passants rencontrant sa mère s’exclament en la voyant : « regardez c’est la mère de Benjamin » et non « regardez c’est le fils de Brigitte » comme c’est le cas actuellement quand Benjamin est reconnu. L’atout muscle de la troupe. Sa passion pour la musculation et ses entraînements à la salle n’a d’égale que sa haïne envers les hippies et leur slackline pacifiste. Sur scène, plutôt que de se servir de ses gros bras, Benjamin préfère analyser la situation en se servant de sa fine vision du jeu que l’on devine poindre derrière ses lunettes acérées, pour pouvoir faire par la suite des propositions constructives qui feront avancer l’impro. Dans la famille improvisation, je demande le constructeur.


Laurence

« Très riche en protons »

Disposant d’une période d’inactivité inversement proportionnelle à celle des koalas, Laurence est capable de travailler sur ses quelques 743 dossiers en cours tout en accomplissant une posture de cross-fit irréalisable pour le commun des mortels. Si elle était née dans un pays sous régime politique communiste, la propagande du parti au pouvoir l’aurait choisit comme modèle d’ouvrière idéale abattant avec entrain la charge de travail de 5 travailleurs. Bien heureusement pour nous, Laurence n’a pas eu à extraire du charbon, couper du bois ou poser des rails de chemins de fers. Elle a pu user de sa productivité Stakhanoviste pour parfaire son jeu d’improvisatrice. Et ainsi nous proposer une fois sur scène des personnages délicatement subtils, dont la richesse de jeu et la variété des propositions ne peuvent qu’apporter un supplément de réalisme des plus appréciables.


Damien

« ah ça me fait penser au film la chèvre, quand Pierre Richard se prends les pieds dans le tapis à la 43ème minute »
Le papa de la Tiff. Toujours très occupé à nous recouvrir de sa bienveillance paternelle et chaleureuse, ou à nous réprimander à cause de l’état déficitaire de notre compte bancaire provoquée par nos nombreuses sorties dans le kébab du coin. Personnage burlesque par excellence. La légende raconte que Damien serait en réalité un personnage fictif d’un dessin animé cartoon qui aurait trouvé un passage vers notre monde et emprunté une forme humaine afin de pouvoir interagir avec nous.
Sur scène, Damien oublie qu’il est désormais dans le monde réel et qu’il ne vit plus dans son monde de dessin animé. Il contorsionne son grand corps dans des postures vives et improbables et meugle d’une voix forte des onomatopées colorées. Les enfants l’adorent, et l’enfant qui sommeille au fond de notre âme d’adulte aussi.


Beatriz

« J’assume »

Bon, on va pas passer par 4 chemins. Si vous êtes un minimum respectueux, ponctuel, organisé et travailleur, Béa saura vous accueillir avec toute la considération que vous méritez. C’est (d’après ses dires) une fille très douce. Mais si après un ultime avertissement de sa part vous invitant à ré-orienter quelque peu la trajectoire de vos projets, elle ne constate aucun changement… Il est fort possible que vous finissiez dans les bras de votre papa ou de votre maman, en chouinant à chaudes larmes après le remontage de bretelles magistral que vous vous serez pris en pleine face. Quand sur scène les joueurs ne s’écoutent pas ou ne s’entendent pas, c’est Béa, véritable version féminine de « Pascal le grand frère » qui vient par son autorité naturelle rétablir la paix, l’écoute et la sérénité nécessaire à de bons échanges entre comédien.ne.s.


Chaton

(le seul, l’unique)

« lapins ! Pruneaux ! »

Notre président bien-aimé, réélu chaque année à l’unanimité au cours d’un vote à mains levées sans aucun opposant. Mi-homme, mi-fauve, cet improvisateur à l’énergie bestiale sait aisément passer sur scène d’une proie effrayée tremblante de peur à un dangereux prédateur sans le moindre couac. Sa bonhomie naturelle toute chatounesque est parfois difficilement reconnaissable une fois le masque de son personnage incarné qu’il tiendra coûte que coûte jusqu’au coup de sifflet final.


Géraldine

« De chez moi on entend des oiseaux ! tu te rends compte ? »

Spécimen typique par excellence de son espèce : la Geraldinus Crucis-Roussous, dont la caractéristique principale est d’être tiraillée par de puissants désirs contradictoires. La Geraldinus est aussi bien animé par une passion et un entrain démesuré pour la vie dans son quartier ultra-urbain que par une aspiration lancinante de plein-air et de grands espaces. La Geraldinus se sent très à l’étroit enfermée entre 4 murs, son habitat naturel. Mais rien n’est d’avantage susceptible de l’émouvoir qu’un chant d’oiseaux à l’éveil de l’aube face aux ruines d’un ancien temple décrépit. Vestiges des vies passées également vécues entre 4 murs par d’autres peuplades.
Toujours en mouvement, à l’affût du moindre changement de sens du vent qui pourrait lui indiquer le chemin à suivre. C’est finalement jusqu’aux planches du théâtre d’impro, son deuxième habitat naturel, que le vent porta la Geraldinus. Un lieu tout trouvé pour qu’elle puisse enfin exprimer pleinement son appétence pour la dérision, le décalage hors du quotidien et de ses normes étouffantes. Un lieu d’expression qui lui donne la possibilité d’ouvrir de nouvelles portes, et parfois même de faire tomber quelques murs…


Fred

« C’est moi l’arbitre, c’est moi qui décide »
Un regard noir. Une boule de colère et de rage. Une énergie sombre à l’état brute. Il se murmure dans les travées de de la politique internationale que si Kim Jung-un a accepté de dénucléariser la Corée du nord, c’est en réalité parce que Fred aurait passé 2 minutes en tête à tête seul à seul avec le dictateur. Les tigres à dents de sabres auraient subitement disparu de la surface de la terre suite à un regard de travers que lui aurait jeté un de leur congénère. Votre improvisation manque de punch et les rapports entre les personnages présents en jeu sont bien trop policé et courtois pour faire avancer convenablement l’intrigue ? Envoyez donc Fred insuffler un peu de son énergie…


François

« j’ai une super idée ! »
Ayant passé son adolescence dans l’adoration de la chanteuse Lorie, et son lecteur MP3 de l’époque étant bloqué sur la chanson « La positive attitude », de lourdes séquelles sont restées gravées en lui. En effet, François est depuis cette période un indécrottable optimiste qui ne peut s’empêcher de toujours voir le bon côté des choses, et de cultiver cette fameuse « positive attitude » qu’il affectionne tant. Sur scène, apportez lui un parapluie alors qu’il ne pleut pas, il en sera ravi et s’en servira comme d’une ombrelle pour se protéger des rayons de soleil cancérigènes. Traitez-le de moins que rien, rabaissez le plus bas que terre, il sera ému, ivre de bonheur et se dira chanceux d’être l’homme le plus haïssable de l’univers. C’est ainsi qu’il participe pas à pas à la construction d’une scène d’improvisation, dans la joie et la bonne humeur qui le caractérisent tant.

 


Didier

« Mort aux vaches ! »

Natif de la haute Loire, Didier est un homme. Un homme vrai. Un homme qui ne s‘épanouit pleinement qu’au milieu des champs et des forets, et qui comme tout homme de son cru ne sort jamais sans son couteau et son nécessaire à couture. Son instinct bestial et son flair affûté lui permettent de débusquer chaque champignon présent dans un périmètre de 5 kilomètres à la ronde. D’un caractère bien trempé, mais d’un naturel pourtant aussi calme que la mer noire en plein soir d’hiver, il suffit seulement d’un instant à ce grand sensible pour qu’il vire à la virulente tempête. Tout spécialement quand il s’agit de s’attaquer aux nombreuses injustices sociales de notre temps, son cheval de bataille de prédilection. Quand une impro s’enlise dans l’insignifiant, la fadeur et l’aseptisé, il est viscéralement impossible pour lui de rester en retrait en coulisse, et il est physiquement impossible pour nous de l’empêcher de monter sur scène. Il finit toujours par réussir à colorer la scène d’un de ses chaleureux personnages dont il a le secret. Didier, la caution Authenticité de la Tiff.


Muriel

« Murielnek hívják »

Ha érted ezt a mondatot akkor magyar vagy Muriel*. Mais… Arrêtons de rire un instant voulez-vous ? Il y a quelques petites choses importantes que j’aimerai vous enseigner : Italia è una vecchia dame, bambino! È la culla della civiltà etrusca ! Della magna Grecia ! Dell’Impero Romano ! Del Vaticano ! de Marco Materazzi !Umanesimo e Rinascimento hanno iniziato in Italia ! 4 volte CAMPIONI DEL MUNDO !!! Well, let’s take a cup of tea with me darling. After all thoses incredible revelations, I guess you need to soothe your nerve a bit. You can learn a lot from us. The legendary British phlegme can slow down your emotions. Our incredibly weird food without any taste or consictency can teach you not to expect so much about life. We never won any world cup, but where’s the problem ? Life is harder than us, and we don’t really care. Oh !Do you want some crackers with your tea **? A n’en pas douter, la maîtrise de ces différentes langues est un réel signe extérieur de richesse intérieure. Témoignage incandescent du parcours de vie luxuriant de Muriel, dans lequel elle puise allégrement pour parfaire la construction de ses personnages.


En français : Si vous réussissez à lire cette phrase vous êtes un Hongrois. Mais… Arrêtons de rire un instant voulez-vous ? Il y a quelques petites choses importantes que j’aimerai vous enseigner : l’Italie est une vieille dame gamin ! C’est le berceau de la civilisation Etrusque ! De la grande Grèce ! De l’empire Romain ! Du Vatican ! De Marco Materazzi ! L’humanisme et la Rennaissance sont apparu en Italie ! 4 fois CHAMPIONS DU MONDE !!! Bien, prenez donc une tasse de thé avec moi très cher. Après ces incroyables révélations, je suppose que vous avez besoin d’apaiser quelque peu vos nerfs. Vous pouvez beaucoup apprendre de nous. Le légendaire flegme Britannique peut ralentir vos émotions. Notre incroyablement étrange nourriture sans aucun goût ni consistence peut vous apprendre à ne pas trop attendre de la vie. Nous n’avons jamais gagné aucune coupe du monde, mais où est le problème ? La vie est bien plus dure que nous, et nous ne nous en soucions pas. Oh ! Voulez-vous quelques crackers avec votre thé ?